Avertissement!

Avertissement!
Volià ma deuxième fanfic yaoi ( tapant encore dans le fantastique ) sur Cinema Bizarre.

*

Donc, sachant que:

*De manière logique, une fanfiction est une histoire inventée par un(e) fan.

*Yaoi désigne une intrigue amoureuse entre deux hommes.

*Et le mot Lemon avertit d'une scène à caractère sexuel explicite.

Ben soit tu restes, soit tu pars %)

*

[ Par contre, dans cette fic, Yu et Shin en sont les personnages principaux. Tout au long de l'histoire - qui soit-dit en passant n'est pas très longue - ils sont frères et ont différents âges.

Tout ça pour vous dire que je suis une très mauvaise fan parce que je ne sais pas la frimousses qu'ils pouvaient avoir. J'entends par là la couleur des cheveux, les piercings, les tatouages, même le maquillage et leur style et surtout à l'âge où ils les ont fait. Et comme en plus d'être une très mauvaise fan, je suis une flémmarde qui n'a pas prit la peine de chercher pour avoir les réponses à ses questions.

Alors avant de m'engueuler pour les erreurs que j'ai fait, soit vous gardez à l'esprit que c'est une fiction, soit vous me rectifiez ok? :D
]

*

Les com's de pub ne sont acceptés que si la réciproque s'applique. Si tu veux que je vienne te lire, commence par faire de même.

*

Je suis l'auteur de Ghost-yaoi-CB ( Fanfic yaoi. Fantastique. Lemon. Friendship. Hurt/Comfort ) )

Et Mes-demons-sur-papier., o0-Dream-again-0o et x-Diary-of-the-girl-x ( Trois blogs persos )

Et aussi

Nuit de songes, A coeur ouvert ( Deux O.S. Yaoi. Inceste. Lemon. )

Ainsi que Petit frère ( Une fanfic. Normal. Angst. )

- Toutes trois basées sur la série Numb3rs $) -

Sans oublier Nuit de fièvre ( Une O.S. Yaoi. Inceste. Léger spoiler. Lemon ), Désir fraternel ( Série d'O.S. Yaoi. Inceste. Lemon ) et Pleine lune et larmes de sang ( Une autre version de cette histoire )

- Basées sur la série Supernatural $) -

Parce qu'il n'y a rien à espérer ( Death O.S. Inceste. )

- Basée sur le groupe Tokio Hotel $) -

Equilibre ( O.S. Hurt/Comfort. U.A. Yaoi )

- Basée sur le film Alexandre :D -

Au plus noir de la nuit ( O.S. Inceste. Hurt/Comfort )

- Basée sur la série Terminator: Les chroniques de Sarah Connor $) -

Nightmare ( Fanfic. Hét. Lemon. Angst. Hurt/Comfort ) et Mon héroïne ( O.S. Hét. Lemon. Hurt/Comfort )

- Basée sur la série Dark Angel $) -

Que vous trouverez sur mon autre profil, sous le pseudo de Cass Shelly

# Posté le jeudi 11 septembre 2008 11:28

Modifié le lundi 18 janvier 2010 04:20

Prologue

Prologue
( Dimanche 21 décembre 2008, 21h17
P.O.V de Shin )


Autour de moi il n'y a que terreur, haine et envie de meurtre. Trois sentiments aussi forts que contradictoires qui affluent en masse vers moi, me donnant la nausée. J'ai toujours pu percevoir les émotions d'autrui et ce soir, nu et enchaîné sur un autel de pierre brute, je n'suis pas loin de l'overdose.

Les yeux fermés à m'en faire mal, j'essaie de penser à des choses heureuses. Un sourire, un rire, un baiser, un câlin... N'importe quoi du moment que je puisse poser des barrières autour de mon esprit et ne plus rien ressentir. Oublie les Shin. Oublie le froid, la peur, les plaintes silencieuses.

Une main caresse alors mon visage et le débarrasse de quelques mèches blondes.

« Ne luttes pas p'tit frère, me souffle une voix douce. On sait tous les deux que le résultat sera le même. »

Quelque chose remue au fond de mon esprit mais je repousse les souvenirs qui reviennent à la surface. Ne rien ressentir. Oublier. Oublier. Oublier.

Un bruit de chaîne suivi d'un cri à peine étouffé parvient à mes oreilles. La bête se réveille aussitôt, tordant mes tripes et faisant défiler un flot d'images alléchantes dans ma tête. Non! Non!! NON!!!

Me roulant en boule sur la pierre froide, je ramène mes bras sur mon visage comme pour me protéger d'un éventuel coup.

« Je... Ne veux... Pas. » Je murmure comme une prière.

Un rire familier résonne dans l'immense salle de pierre, bientôt imité par d'autres aux intonations plus graves. De la pitié mêlé au dégoût me frappe alors de plein fouet tellement ces sentiments sont puissants à cette seconde.

« Je vous... Emmerde. » Je crache sans changer de position pour autant.

Puis je sens un corps se déplacer autour du mien et une bouche humide se poser sur mon genou droit. Le contact me fait frissonner malgré moi, brisant net une de mes maigres barrières mentales.

« Dégage, j'ordonne d'une voix que j'espère ferme.

- Ce n'est pas ce que tu me disais avant, continue cette même voix douce. Avant tu m'en demandais plus. »

Une autre barrière vient de sauter.
Avant... Mes meilleurs souvenirs.
Épuisé de fuir, je me redresse et lève alors la tête vers mon frère et ancien amant.
Yu.

À la lumière des dizaines de chandeliers posés ici et là, il est encore plus beau que dans ces souvenirs auxquels je m'efforce de ne plus penser. Un corps souple et musclé dont seule une cape de soie noire en cache la nudité. Des mains douces aux ongles noires manucurés. Un beau visage encadré par une longue chevelure couleur de nuit veinée de rouge. Et des yeux à l'iris océan cernés également de noir.

Pourtant je ne suis pas dupe.
Malgré son apparence humaine et la douceur de ses traits, c'est un prédateur au sens propre du terme. Et le pire dans tout ça, c'est que nous avons le même sang.

Lisant mes pensées, il me sourit et pose une main sur mon torse.
Pile sur le c½ur.
Un autre frisson.
D'autres émotions.
Une seule qui domine.

« Ça fait longtemps qu'il ne bat plus pour toi. »

Je l'ai affirmé en le regardant droit dans les yeux et ne manque pas cette étincelle de rage et de douleur mêlée qui a enflammé une seconde ses prunelles.

Mais Yu se reprend quand il dévoile ses crocs avides de chair à déchiqueter et d'os à broyer.

« Peu importe, dit-il en retirant sa main sans brusquerie. Parce que ce soir, tu reviendras vers ta vraie famille. »

Il tourne alors les talons et la bête se déchaîne de nouveau. Mais même si je décide de l'écouter, mes chaînes m'empêchent de descendre de l'autel. Alors je me contente d'un grognement de rage en tirant vainement dessus.

« Le sang que je ferais couler ce soir ne sera pas humain!!! »

Mon frère s'arrête au milieu de l'allée et se retourne. Autour de lui, des silhouettes enveloppées dans des capes sombres avec en arrière plan, des humains trop jeunes enchaînés aux murs.

D'un côté la terreur pure, de l'autre la haine aussi froide que la glace. Mon aîné hoche lentement sa jolie tête, ses yeux luisants de cruauté à la lumière des bougies.

« Je te l'ai dis Tim, me rappelle-t-il d'une voix glaciale en prenant bien soin d'utiliser mon prénom. On connaît tous les deux le résultat.

- Ça n'arrivera pas!

- Tu veux parier? »


Je ne dis rien et tire une nouvelle fois sur mes chaînes.

« Et puis, reprend Yu d'un ton ironique en se coulant parmi les silhouettes sombres. Tu savais bien que ce jour viendrait, non? »

Mes entraves sont encore mises à l'épreuve et leurs rires moqueurs emplissent la pièce.
Pourtant il a raison.

Je savais que je n'échapperais pas éternellement à la malédiction de notre sang et nous connaissons tous les deux le résultat. Mais je préfère mourir que de devenir comme toi grand frère.

Puis je lève la tête vers la lucarne où dans seulement quelques heures la lumière blafarde de la pleine lune filtrera pour éclairer l'autel. Dans quelques heures, le rituel commencera.

Comment en sommes-nous arrivés là Dirk?


( Prologue: Corrigé )

# Posté le jeudi 11 septembre 2008 12:14

Modifié le lundi 01 février 2010 14:04

Chapitre premier

Chapitre premier
Faîtes gaffe aux dates, c'est important pour comprendre... ^^

_____________________________________

( Vendredi 5 décembre 2002, 16h30
P.O.V de Yu )


La tête relevée vers le ciel blanc de cette fin de journée, je sors ma langue pour recueillir le plus de flocons possible. J'ai toujours aimé la neige. Peut-être parce que je peux la sentir arriver avant que les météorologues ne la prévoit. Ou peut-être parce que contrairement aux humains, je sais son véritable goût.

Froide, piquante, éphémère. Peut-être aussi parce qu'elle est une des nombreuses raisons qui me rendent différent. Fermant les yeux, je savoure les larmes de glace prisonnières de l'antre chaude et humide de ma bouche.

« Et toi frérot?

- Tu sais que je suis là alors utilise ta langue. »


Je rouvre les paupières en soupirant quand je me retourne vers mon cadet.

« Tu trouvais ça marrant avant, je lui rappelle quand on reprend notre chemin vers la maison.

- J'ai plus sept ans Yu. »

Je glisse un regard vers les carambars aux goûts acidulés qu'il vient d'acheter à la boulangerie où j'ai préféré l'attendre dehors.

« Et tu vas me dire que le sucre que tu vas t'envoyer servira à ta croissance?

- J'en avais envie,
réplique-t-il. C'est pas encore un crime à ce que je sache.

- C'est surtout humain,
je répond du tac au tac. D'avoir envie. »

Il soupire à son tour.

« C'est ce qu'on est grand frère.

- Perdu Shin. Juste à moitié.

- Arrêtes,
me prévient-il en ouvrant son sachet. Je veux pas rentrer là-dedans. »

Posant un regard sur le monde autour de nous, je capte chaque détails des passants qu'on croisent. Des trucs insignifiants comme le parfum épicé de cette jolie brune qui attend patiemment à un feu rouge ou même le bruit de nos pas sur le fin duvet blanc qui recouvre le trottoir.

Ce monde que vous voyez tous les matins en vous levant, moi je le vois d'une autre manière. Les sons, les odeurs, même les émotions. Rien ne m'échappe.

« Pourquoi ne l'acceptes-tu pas? Je demande alors au blond qui en est à son deuxième carambar.

- Je peux te retourner la question. »

Je tourne quelques secondes la tête vers lui pour de nouveau répliquer quand une pensée traverse soudain mon esprit. Je me rappelle alors d'une fille de sa classe. Je repense à ses boucles rousses, ses grands yeux verts bordés de longs cils, son parfum de vanille et sa gentillesse non feinte. Pour moi c'est une humaine comme les autres, au mieux, une bonne copine mais c'est tout. Alors que Shin...

« T'es amoureux d'elle, non?

- Amoureux je sais pas mais, elle me plaît oui. »


La neige semble se calmer peu à peu quand on arrive à notre maison.

« C'est normal de flipper pour sa réaction, j'avance quand je prend mes clés. Mais n'oublie pas qui tu es.

- Je risque pas de le faire vu la façon dont tu me le rappelles! »


Je ressens alors sa colère comme si c'était la mienne, étouffant presque tellement elle est arriver d'un bloc. Ce lien que nous donne notre fraternité est accentué par notre double nature. C'est pour ça qu'on peut communiquer par la pensée et que l'émotion de l'un n'est pas étrangère à l'autre.

« Calme toi Tim, je souffle en m'incitant moi-même au calme. Tu sais ce qui va se passer sinon »

Comme nous ne maîtrisons pas totalement nos pouvoirs, des émotions trop violentes peuvent tout faire disjoncter autour de nous. Je me rappelle encore le vase de chine de maman qui a explosé la dernière fois qu'on s'est disputés. Je n'vous raconte pas l'engueulade.

Mais quand Shin serre les poings à s'en faire mal, son corps secoué de tremblements, je commence à me dire qu'on va remettre ça. Pourtant contre toute attente, sa colère se dissipe aussi vite qu'elle est venue, ne laissant qu'une immense tristesse derrière elle. Mon c½ur se serre et je tend une main vers lui pour le consoler.

« Tim je...

- Laisse moi. »
M'ordonne-t-il en se retournant.

Le ton est dur mais j'insiste, répétant volontairement son prénom:

« Tim je suis désolé. »

Il fait soudainement volte face, les yeux embués. Déglutissant lentement pour me laisser le temps de reprendre le contrôle de mes propres émotions, je ravale mes larmes.

« Je n'voulais pas...

- Tu vois ça? »


Mon frère me montre alors son paquet de carambars ouvert.

« Oui mais...

- C'est des trucs dans ce genre là qui me font me sentir entièrement humain!

- Tim pas si fort! »


On est encore dehors en pleine journée et on sait jamais si quelqu'un entendait.

« Toi la seule personne à savoir ce que je pense et je que je ressens, tu ne sais pourtant rien et tu es passé à côté de tout! »

Si mon cadet a compris où je voulais en venir, la ranc½ur qu'il me balance en pleine gueule n'en est que plus amère.

« Comment tu peux dire ça?

- Comment? »


Il esquisse un sourire dans un soupir presque dégoûté.

« Parce que c'est la vérité grand frère. Tout simplement. »

Puis Shin me lance le paquet de friandises que je rattrape sans mal.

« Prends les, lâche-t-il en se dirigeant vers la porte d'entrée. J'en veux plus. »


( Chapitre I: Corrigé )

# Posté le samedi 13 septembre 2008 09:20

Modifié le lundi 01 février 2010 06:44

Chapitre deux

Chapitre deux
( 19h00 )

« Shin? Yu? Je suis rentrée! »

Affalé comme une masse devant la télé, j'expire par le nez la fumée de nicotine que je m'envoie depuis bientôt deux heures. Maman va gueuler mais à cette minute je m'en fous. D'ailleurs j'entends ses pas souples se rapprocher et son parfum mélangé à l'odeur de l'hôpital où elle travaille arrive à mes narines.
« Yu?

- Oui maman?
Je répond, les yeux rivés sur l'écran.

- Qu'est-ce que je vous ai dit pour la cigarette?

- Qu'on était trop jeunes pour en fumer.

- Alors écrase moi ça. »


Me retenant de soupirer, je lui obéis en me plaçant correctement tandis qu'elle entrouvre la fenêtre du salon pour aérer.

« Où est ton frère?

- Dans le garage en train de jouer de la batterie. »


Maman s'assoie à mes côtés.

« J'ai pas le sens de l'ouïe aussi développé que toi mais là j'entends rien, objecte-t-elle.

- Il a dû en avoir marre de jouer et il a fini par la bouffer. » Je marmonne dans ma barbe.

Si sa colère s'est calmée, elle est toujours présente. Et même si c'est en parti ma faute, la mienne aussi. Pourtant, il en faut plus pour effrayer notre mère qui éteint la télé pour que j'écoute ce qu'elle va me dire:

« Regarde moi Dirk. »

Je m'exécute sans un mot et croise son regard. Ses longs cheveux bruns sont attachés en queue de cheval, mettant en valeur les traits fins de son visage. Mais ses yeux bleus - les mêmes que Shin et moi - sont voilés. Surtout qu'elle vient de m'appeler par mon prénom.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé?

- On s'est disputés. »


Et sentant un début d'angoisse monter en elle, je m'empresse d'ajouter:

« Mais on a rien cassé.

- C'est déjà ça,
se détend maman. Mais encore?

- C'est parce qu'on est des hybrides.

- Je comprend...

- Non maman tu comprend pas. »


Sentant sa peine et mes yeux s'embuer, je me lève du canapé et lui tourne le dos.

« Tu es humaine toi, je souffle. Et j'arrive déjà pas à me comprendre alors...

- Yu... »


Maman se lève à son tour et m'entoure de ses bras.

« Oui je suis humaine mais je suis tombée amoureuse d'un lycan, me rappelle-t-elle. Je sais ce que c'est que d'être différente même si c'est indirectement. »

Je commence à pleurer sans savoir pourquoi. Ou peut-être parce que tout est brouillé dans ma tête et que malgré mes presque quatorze ans, je n'ai pas que les soucis puériles des ados de mon âge.

« C'est juste que j'aime être ce que je suis même si parfois c'est dur de contrôler la bête, je confie en posant me tête contre son épaule. Mais Shin lui, aimerait être totalement humain.

- Et tu as l'impression de ne pas le comprendre?

- Ouais. Et puis le fait d'être frères et hybrides nous rend encore différents.

- Je sais mon c½ur, je sais. »


Elle me berce doucement avant d'ajouter:

« Mais votre lien n'est pas brisé pour autant alors le mieux serait encore d'aller lui parler.

- Ouais t'as raison. »


Je lui fais face pour lui rendre son étreinte.

« Merci maman.

- De rien mon grand,
sourit-elle. Vas-y, j'vous appelle pour manger parce que je suppose que vous n'avez rien avalé. »

Je hoche la tête en souriant à mon tour et quitte ses bras quand elle me rappelle:

« Ah j'allais oublier! »

Je me retourne.

« Tu es privé de sortie pendant trois semaines, affirme-t-elle en me montrant le paquet de clopes oublié sur la table. Et je ne veux même pas savoir où tu l'as acheté. »


( P.O.V de Shin )

Assis sur le rebord de la fenêtre du garage, je soupire pour la énième fois, le regard perdu dans le vague. Marre de marre de...

« De moi? »

Soupirant encore, je replace une mèche blonde derrière mon oreille.

« Entre autres, je répond sans tourner la tête vers mon frère qui vient d'entrer dans la pièce. Qu'est-ce que tu veux?

- Te parler. »

Il s'avance et pose une main sur mon épaule.

« Je suis désolé, souffle-t-il. Et tu as raison.

- Tu peux parler, y'a pas de danger.

- Comme ça je suis sûr que tu m'écoute. »

Sa main dégage mes cheveux détachés pour les rejeter sur mon dos.

« Comme ça je suis proche de toi. »

Ses mots se répercutent dans ma tête, touchant un point sensible.

« Tu es proche de moi Dirk, j'affirme en croisant enfin son regard. Tu l'as toujours été. »

Il me sourit et je replie mes jambes pour qu'il vienne prendre place en face de moi. À cet instant, le calme qu'il dégage commence à m'apaiser.

« On est différents Tim, commence-t-il. C'est comme ça et on y peut rien. Mais ça ne fait pas de nous des monstres pour autant.

- Oui mais...

- On arrivera à dompter la bête, frérot. Tant qu'on sera tous les deux, on y arrivera.

- Promis? »


Yu se penche pour prendre mes mains dans les siennes.

« Promis. »

[ ... ]

( P.O.V de Morgane, 22h06 )

Accoudée à l'encadrement de la porte de la chambre de Yu, je regarde dormir mes deux merveilles, enlacées dans la largeur de son lit une place. Vu la nature de leur origine, je suis contente qu'ils ne soient pas seuls.

Deux pour affronter leur différence.

Car vous devez l'avoir compris, si je suis humaine, mes fils ne le sont qu'à moitié. Mi-humains, mi-lycans pour être exacte. Ou mi-loup-garou si vous préférez. Au choix.

Pourtant ce genre de créatures n'existent que dans les films et les livres me direz-vous. Ce ne sont que des mythes et des légendes inventées par des gens crédules et sans imagination. Et bien croyez-moi c'est tout ce qu'il y a de plus réel.

Il y a seize ans de ça, je suis tombée amoureuse d'une de ces créatures de légendes. Il s'appelait Sven et n'avait jamais tué. Vrai lycan, il ne voulait qu'une chose: être humain. Bien-sûr que les humains tuent, violent et mutilent leurs congénères mais le seul amour de ma vie haïssait son monde. Il disait que j'étais la clef qui lui permettait d'ouvrir la porte du mien.

J'ai d'ailleurs été la seule - humaine j'entends - qui connaissait son secret. Je l'aimais alors je l'ai aidé à combattre la bête qu'il était. J'étais « sa barrière mentale », son point de repère quand ses instincts refaisaient surface.

Je parle aujourd'hui de lui au passé parce que sa famille qui l'avait rejeté le jour où il a posé les yeux sur moi pour une autre raison que la trouvaille de sa nouvelle proie, l'a tué quand j'étais enceinte de trois mois pour Shin.

Je n'oublierai jamais cette nuit. Sven les avait senti arriver, il m'a ordonnée de partir. J'ai compris que je ne le reverrais plus mais il ne pas laisser le choix.

Aujourd'hui j'élève nos enfants du mieux que je peux, aidée de ma s½ur Steevie qui connaît mon histoire. Elle ne pas blâmée, elle m'a cru quand je suis revenue dans la maison de notre enfance.

Shin soupire dans son sommeil et se blottit davantage contre son frère si c'est possible. Eux aussi m'ont posé des questions dont il y a certaines que j'ai préféré éluder. Ils sont encore jeunes. Bien trop jeunes pour être aussi différents.

________________________________

Voilà une partie des explications que vous m'avez demandé. Quoique vous l'aviez compris nan? ;)


( Chapitre II: Corrigé )

# Posté le dimanche 14 septembre 2008 09:42

Modifié le lundi 01 février 2010 13:38

Chapitre trois

Chapitre trois
( Samedi 6 décembre 2002, 10h56
P.O.V de Yu )


Réveillé depuis peu mais gardant les yeux fermés, mes lèvres esquissent un sourire quand je sens mon frère les caresser du bout de l'index.

« Qu'est-ce que t'as dis maman pour les piercings? S'enquit-il à mon oreille.

- Que déjà pour un j'étais trop jeune. »

Je rouvre les paupières et me tourne vers lui, passant un bras autour de sa taille pour le serrer davantage contre moi.

« Dommage. » Souffle mon cadet avant de poser doucement sa bouche contre la mienne.

Je répond à son baiser, demandant ce que Shin m'accorde sans hésiter. De la profondeur. Ma main échouée dans son dos remonte jusqu'à sa nuque, tandis que nos langues se mêlent une énième fois. Même si ce n'est pas notre premier baiser, il n'y a que quelques mois qu'on a passé outre la barrière des lèvres.

« Je suis sûr que ça serait meilleur avec, affirme mon frère au bout d'une éternité.

- Mais va falloir attendre. »

Puis le blond se dégage sans brusquerie de mes bras pour se lever. Il étire son corps mince et propose:

« On se fait un ciné cet après-midi avec la bande?

- Peux pas,
je soupire en croisant les mains derrière ma tête. Privé de sortie pendant trois semaines.

- Qu'est-ce que t'as fait?

- J'ai fumé les trois quart d'un paquet de clopes dans le salon. »


Shin lève alors les yeux au ciel.

« Et encore c'est pas cher payé connaissant maman. »

J'acquiesce en silence mais à peine ai-je fermé les yeux que le corps chaud de mon frère se retrouve sur le mien.

« T'es lourd, je marmonne les yeux toujours fermés.

- Nan c'est pas vrai. »

Son visage se perd alors dans le creux de ma gorge mais je ne bronche pas, laissant ses dents animales entailler doucement ma chair. Seul un faible gémissement s'échappe de mes lèvres et sa langue chaude lape le sang qui y perle. Il embrasse ensuite la plaie qui sera refermée dans une minute pour se faire pardonner et murmure dans un soupir:

« Je t'aime grand frère. »

[ ... ]


( P.O.V de Shin, 15h55 )


Grisé par le parfum de vanille de Camille qui a posé sa jolie tête sur mon épaule, je regarde l'écran de la salle de ciné sans vraiment prêter attention au film. Des amis que j'ai appelés ce matin, il n'y a eu que la jeune rousse qui était disponible. Ce qui quelque part ne me dérange pas tant que ça.

Mais aussi forte soit mon envie d'être près d'elle, je sais que je n'en tomberai pas amoureux. Je veux dire, c'est une humaine et à l'heure qu'il est, la seule personne capable de me comprendre comme jamais est Yu.

Repensant au goût cuivré de son sang, je passe ma langue sur mes lèvres et regrette soudainement qu'il ne soit pas à la place de Camille. Cette dernière soupire légèrement me sortant de mes songes.

Sans hésiter, je cherche le contact de sa main et entremêle nos doigts. Ne me repoussant pas, elle caresse même mon pouce à l'aide du sien. Camille n'est pas comme moi et encore moins Yu mais j'aime être avec elle.

C'est déjà ça.


( Chapitre III: Corrigé )

# Posté le lundi 15 septembre 2008 10:37

Modifié le lundi 01 février 2010 08:13

Chapitre quatre

Chapitre quatre
( P.O.V Yu, 18h36 )

Grattant les cordes de ma guitare sèche en tailleur sur mon lit, je le sens plus que je ne le vois arriver derrière mon dos. Ses bras d'apparence minces s'enroulent autour de mon cou et je tourne la tête vers lui pour cueillir un baiser.

« Alors? Je demande. Comment c'était avec Camille?

- On sort ensemble, répond Shin en soulevant mes cheveux bruns - que j'ai longs jusqu'aux épaules - pour lécher ma nuque du bout de la langue.

- T'en as pas eu assez ce matin? Je souffle sans me dégager pour autant.

- Nan et c'est aussi meilleur que quand c'est toi qui le fais. »

Mais il se contente juste de mordiller ma peau. Je dépose ma gratte au pied du lit et me retourne pour l'inciter à venir sur mes genoux. Avec un sourire, il s'y assoie à califourchon et scelle chastement nos lèvres.

« Tu sors pas avec Camille? Je le taquine en dégageant son joli minois de toutes mèches rebelles.

- Si mais toi c'est pas pareil. »

Encore un baiser.

« Toi t'es mon frère. »

Mes bras entourent son dos pour le ramener davantage contre mon torse et il cale sa tête dans mon cou.

« Toi je sais que je te perdrais jamais. »

[ ... ]

( 23h37 )

Enveloppé dans mon gros manteau d'hiver, je contemple le ciel étoilé de cette nuit de décembre, assis sur le toit recouvert d'une fine pellicule de neige. Quand j'ai envie d'être tranquille, c'est une habitude que j'ai prise depuis mes neuf ans.

Comme embrasser mon frère sur la bouche ou dormir contre lui. Mais où un humain verrait une forme d'inceste, un lycan lui, n'y verrait que de l'amour fraternel traduit de différentes façons.

Pour l'heure, il n'y a aucun désir sexuel qui m'incite à découvrir peu à peu son corps ou emprisonner ses lèvres aux miennes.

Peut-être un jour ou peut-être pas, ça n'a pas d'importance au fond. Shin est mon frère et - comme je le suis pour lui - ma barrière mentale qui freine mes instincts animal.

Parce qu'être hybride, c'est être partagé entre ses deux origines. Pour nous deux, c'est un combat intérieur et permanent entre le loup et l'humain. L'envie de tuer contre celle de parler.

Maman nous a expliqué qu'en grandissant, on arriverait à dompter totalement nos instincts et pour l'instant, le lien qui me lie à mon frère m'aide à les réfréner. C'est comme la veille quand on s'est disputé. Pour Shin, la bête voulait hurler et l'humain aspirer au calme.

Je replie mes genoux et les entoure de mes bras en murmurant pour moi-même:

« Moi non plus je te perdrais jamais p'tit frère. »

[ ... ]

( Lundi 8 décembre 2002, 7h45 )

« Non pas d'alcool mon grand, tu vas avoir treize ans, pas dix-huit.

- Mais maman, justement tu viens de le dire: je suis grand!

- J'ai dis non Tim. »


Connaissant le ton employé, Shin se contente de soupirer mais n'ajoute rien, portant sa tasse de thé à sa bouche. Dans quatre jours, il soufflera ses treize bougies. On fera ça ensemble et samedi prochain, on pourra réquisitionner le garage pour les fêter comme il se doit.

« Tu parles, souffle mon frère en terminant sa boisson. Une fête sans alcool c'est comme un été sans soleil...

- C'est vrai que t'es jeune p'tit frère.

- Pour des bières?

- Disons que c'est pareil que moi pour les piercings. »


J'étouffe un bâillement tandis que mon frère se lève, pose sa tasse dans l'évier et retourne à sa chambre.

« Toi t'as encore passé une partie de la nuit sur le toit, soupçonne maman qui vérifie une dernière fois l'intérieur de son sac, prête à partir travailler.

- Comment tu sais que je suis allé sur le toit? » Je m'étonne sans réfléchir.

Elle relève la tête pour croiser mon regard identique au sien.

« Parce que tu viens de me le dire. »

Merde! Mais contre toute attente, aucune remontrance ne montre le bout de son nez. Et maintenant que j'y pense...

« Depuis quand tu sais que j'y monte? Je demande. Et pourquoi tu m'as jamais rien dit?

- Depuis la première fois, répond-t-elle en sortant ses clés de voiture de son sac. Et je ne t'ai rien dit parce que je n'ai aucune raison de le faire.

- Quoi?!
Je m'exclame. Tu me punis parce que j'ai fumé mais que je monte sur le toit au risque de me bousiller quelque chose, là tu dis rien?! »

Elle fait mine de réfléchir avant d'affirmer avec cette assurance propre aux mères:

« Je t'ai punis pour avoir fumé parce que tu sais ce que je pense de la cigarette. Et je sais que le jour où tu te briseras le cou en montant sur le toit, c'est que tu l'auras fais exprès.

- Je déteste ta façon de nous traiter en humain aussi bien qu'en lycan, je marmonne en reportant mon attention à mon bol de café.

- C'est pourtant ce que tu es mon c½ur! »

Puis elle prend ses affaires et contourne la table pour venir m'embrasser sur le front.

« À ce soir. »

Et quand maman sort de la cuisine, je dois bien admettre que paradoxalement, c'est ce que j'aime chez elle.


( Chapitre IV: Corrigé )

# Posté le mardi 16 septembre 2008 14:32

Modifié le lundi 01 février 2010 08:26

Chapitre cinq

Chapitre cinq
Je vais bouffer mon ordi.... :-# ! Il a bugé et m'a bousillé sept com's sur le chap précédent :(

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( Samedi 13 décembre 2002, 20h08
P.O.V de Shin )


Je pose les derniers verres qui ne seront remplis que de boissons sucrées sur la table mise en place dans la garage et retourne à l'intérieur quand j'entend la porte d'entrée s'ouvrir sur le premier invité. Des cheveux châtains presque aussi longs que ceux de Yu, des yeux bleus clairs et un sourire ravageur du haut de ses quatorze ans et demi.

« Bonsoir Morgane, souffle-t-il en l'embrassant sur la joue avant qu'elle ne s'efface pour le laisser entrer.

- Bonsoir Strify. » Répond doucement maman en lui prenant ensuite son manteau.

Habitué qu'il est à venir dans cette maison depuis nos neuf ans d'amitié, il ne bronche plus vis-à-vis de ce genre de gestes et la remercie d'un regard.

« Bon les enfants, commence la seule adulte de la pièce. J'ai encore du boulot et là vous n'avez plus besoin de moi?

- Nan. »
On répond tous en ch½ur.

Maman nous sourit avant de tourner les talons vers son bureau et avant qu'elle ne se retourne au bout de trois pas, j'avise:

« T'inquiète maman! Pas de clopes!

- Pas d'alcool!
Embraye mon frère.

- Et pas de sexe! » Conclue notre ami d'enfance.

Satisfaite, elle n'ajoute rien et disparaît dans la pièce.

« Vous avez une mère géniale... » Murmure alors Strify en regardant la porte qui vient juste de se refermer.

J'échange un regard avec Yu et passe un bras sur ses épaules. Si nous n'avons jamais pu appeler quiconque papa, lui c'est maman.

« Et ses enfants sont pareils, j'affirme d'une voix douce.

- Et surtout bien dressés, sourit-il en comprenant le sens de ma phrase.

- Vaut mieux! »

Puis on se dirige vers le garage, préférant attendre là-bas le reste du peuple qui ne devrait pas tarder à débouler.

[ ... ]

Ses longues boucles rousses nattées dans son dos, Camille revient du buffet avec un verre à la main. Je passe un bras autour de sa taille et capture ses lèvres. Qu'est-ce que....

J'avorte le baiser et fronce les sourcils en lui prenant le verre pour sentir son contenu.

« Qu'est-ce qu'il y a? Demande ma petite amie. Tu n'aimes pas....

- Camille,
je l'interrompt d'une voix ferme. J'avais dis pas d'alcool. »

Elle se mord la lèvre.

« Je sais mais avec Matt, on.... »

Sans lui laisser le temps de finir, je garde la raison de ma mort si ma mère s'en aperçoit et parcourt des yeux la moitié de la foule restée dans le garage.

« Bouge pas. » J'ordonne à la jolie rousse en repérant la personne désirée.

Je me dirige rapidement vers cette dernière et demande sans préambule quand j'arrive à sa hauteur:

« Où est ton crétin de jumeau? »

Un sourire amusé se dessine sur ses lèvres.

« Qu'est-ce qu'il a encore fait? »

Sans répondre je lui fourre le verre sous le nez. L'effluve de la vodka-citron qui arrive à ses narines la fait aussitôt percuter.

« Ow...., marmonne Salomé. Euh... Dehors en train de fumer je crois.

- Je vais le tuer.... »


Et m'apprêtant à sortir pour étriper l'un de mes trois amis d'enfance, je prend conscience d'un truc.

« Yu! J'appelle en atteignant presque la porte qui mène au-dehors.

- Quoi?

- Y'a de la vodka qui circule dans la maison,
je répond en frissonnant dans le froid de cette soirée bien avancée. Balance la avant que maman ne tombe dessus!!! »

Il n'ajoute rien, se dépêchant sûrement de sauver nos peaux. Matt est près du portail, emmitouflé dans son manteau chaud, fumant et discutant avec deux autres personnes. Serrant les dents, je fonce sur lui et lui prend le bras.

« Je vous l'emprunte deux minutes! J'affirme avant de le tirer plus loin.

- Mais Shin! Proteste-t-il en se dégageant. Qu'est-ce qu'il y a?

- C'est quoi la règle principale dans cette maison? »


Tout comme Strify et Salomé, ce dernier a passé suffisamment de temps en grandissant à nos côtés pour la connaître.

« Ben justement, se justifie le brun. C'est pour ça que j'ai amené qu'une bouteille.

- Je vois pas le rapport.

- Personne sera torché. C'est juste pour que la fête soit mieux. »


Je ferme les yeux et inspire doucement. Je sais que j'ai dis pareil et meurs d'envie de boire ce putain de verre que je trimbale depuis dix minutes. Mais ça serait désobéir à la personne qui m'a tout donné.

Désobéir tout court ne me dérange pas du moment que l'ordre vient de quelqu'un d'autre. Alors je renverse l'alcool dans la neige et ajoute en rouvrant les paupières:

« Toi qui connais ma mère depuis que tu as six ans, comment crois-tu qu'elle va réagir quand elle saura ça?

- Elle a pas changé d'avis?

- Pas tant qu'on sera pas tous majeurs.


- Merde, soupire Matt en écrasant sa clope sous sa semelle avant de l'envoyer valser sur la chaussée. Moi et mes idées à la con... »

J'hoche la tête en souriant néanmoins.

« La prochaine fois que tu veux en faire une, j'explique doucement. Préviens nous. »

Il passe un bras autour de mes épaules et m'incite à rentrer à l'intérieur.

« Ça marche. »

[ ... ]


( Dimanche 14 décembre 2002, 16h45 )


Vêtu d'un boxer et d'un sweet que j'ai piqué à Yu, je rentre dans la cuisine où une odeur familière me prend de plein fouet.

« Merde, je marmonne pour moi-même en regardant les abats de veau et la viande crue qui finissent de décongeler dans l'évier. J'avais oublié. »


( Chapitre V: Corrigé )

# Posté le jeudi 18 septembre 2008 15:43

Modifié le lundi 01 février 2010 08:46

Chapitre six

Chapitre six
Dans la vie de chacun, filles ou mecs, il y a toujours une date qui revient régulièrement. Le loyer, les impôts, les règles ( Ndla: Ben ouais -_- ! ) ... Et en ce qui nous concerne, c'est la pleine lune.

« Quand je pense qu'on se jette dessus quand on est transformés. » Remarque mon frère derrière mon dos juste avant d'entourer ma taille de ses bras.

Je ne dis rien, me contentant de poser un ½il dégoûté sur la chair crue.

[ ... ]

( 20h07 )

J'aide maman à étendre la couverture deux places dans un coin du grenier tandis que mon frère dépose à même le sol deux grands saladiers remplis de ce qui va nous rassasier pour la nuit.

« Tu sais maman, je dis alors que des picotements familiers ont déjà commencé à parcourir ma colonne vertébrale. Ça sert à rien de la mettre correctement. On va la mettre en boule avant de s'y coucher.

- Oui mais c'est comme de faire ton lit tous les matins alors que tu vas le défaire tous les soirs!
Réplique-t-elle avec un sourire.

- Mouais.... »

Sa main douce atteint ma joue pour la caresser du bout des doigts.

« Si vous avez besoin de quelque chose, souffle-t-elle. Vous m'appelez ok?

- Comme d'hab,
affirme Yu en se rapprochant de nous. Va te reposer. »

Elle nous embrasse et se dirige vers la trappe qui fait office de porte pour sortir de la pièce. Le panneau de bois se referme et le bruit de verrou nous confirme qu'on ne pourra pas l'ouvrir avant demain matin.

Je soupire doucement et retire le sweet de mon frère que je laisse reposer sur le dossier de la chaise près de la fenêtre à trois battants. Malgré la surface spacieuse du grenier, seuls deux meubles y sont placés dans un coin reculé.

Je termine de me dénuder et inspire doucement. Pour l'avoir fait un nombre incalculable de fois, mon corps répond immédiatement en commençant par faire craquer mes os pour les modeler à l'image du loup. La douleur habituelle me fait alors gémir malgré moi quand je tombe à quatre pattes, devenant physiquement ce que je suis en partie.

Mes longs cheveux blonds se mêlent à une fourrure épaisse couleur de nuit. Mon visage s'allonge, devient museau et ma mâchoire se pare de crocs blancs et pointus. Je ferme les yeux et plante mes griffes dans les lattes du parquet avec l'impression que milles aiguilles me transpercent le temps que la métamorphose s'opère.

Une minute pour un humain, une éternité pour un lycan.

Quelques secondes plus tard, une fois la douleur estompée, une langue chaude lape doucement ma truffe. Je rouvre les paupières et bat de la queue en relevant la tête pour la frotter contre celle de Yu qui répond à mon câlin. Quand on est transformés, seule la tâche blanche que j'ai sur le poitrail peut nous différencier. Mais si on étaient parmi de purs lycans, notre petite taille et nos yeux bleus nous trahiraient sans problèmes.

Soudainement affamé, je brise notre étreinte et me dirige directement vers l'un des saladiers. Ce qui me donnait encore la nausée il y a à peine dix minutes me fait maintenant saliver et je ne prive pas en refermant mes dents dessus.
Yu lui, est couché en position du sphinx avec sa tête reposant sur ses pattes avant croisées. Mastiquant la viande, je repense à ce que maman nous a dit sur nos instincts.

Qu'on arriverait à les dompter en grandissant. C'est vrai que comparer à nos premières années où on lui faisait passer des nuits blanches, y'à de l'amélioration vu qu'on peut rester tous seuls sans danger.

Mais ne vous méprenez pas. Les légendes ne disent pas toujours la vérité. La pleine lune ne nous permet pas de nous transformer - nous n'avons pas besoin d'elle pour ça - mais accentue notre double nature. Et si nous nous enfermons ici trois nuits pas mois, c'est pour éviter de faire une connerie sanglante. Vous n'avez pas déjà oublié qu'il est encore difficile pour nous de contrôler la bête? Je termine de manger et rejoint mon frère pour me coucher contre lui.

Alors pourquoi sommes-nous transformés? Parce que c'est plus facile que de passer une nuit entière à lutter.


( Chapitre VI: Corrigé )

# Posté le vendredi 19 septembre 2008 16:04

Modifié le lundi 01 février 2010 08:57

Chapitre sept ( Transition )

( Lundi 15 décembre 2002, 7h03
P.O.V de Yu )


Une main familière caresse ma tête, me tirant d'un sommeil de moins en moins agité. Cette odeur qui arrive à mes narines, je la reconnaîtrais entre mille. De tous les humains, maman est la seule qui ne risquera jamais rien de notre part.

« Bonjour toi, souffle-t-elle d'une voix douce quand j'ouvre les yeux pour ensuite les poser sur son beau visage. Votre petit déjeuner est prêt. »

Elle se redresse et s'apprête à partir mais je me lève d'un bon souple et rapide pour refermer mes crocs sur son poignet. Aucune brutalité. Un geste d'une douceur infinie dans le seul but de la retenir. Mais si maman l'a comprit, elle n'en fronce pas moins les sourcils d'incompréhension en s'accroupissant devant moi.

« Qu'est-ce qu'il y a mon ange? »

Sans hésiter, je me blottis contre son corps chaud et enfoui mon museau dans son cou. Les bras de celle à qui je dois tout se referment sur moi et je l'entend me répondre ce à quoi tous les enfants rêvent en silence:

« Moi aussi je t'aime. »

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Je sais que Christophe Maé n'a rien à voir avec CB mais la chanson Maman extraite de son album Mon Paradis si. Elle s'accorde à merveille avec le message que j'essaye de faire passer même si je sais que Shin et Yu n'ont plus de papa et que bien évidemment, ce n'est pas à prendre au premier degré.


( Chapitre VII: Corrigé )

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 11:49

Modifié le lundi 01 février 2010 14:10

Chapitre huit /!\ Petit lemon /!\

Chapitre huit  /!\ Petit lemon /!\
( Mardi 20 février 2003, 15h54
P.O.V de Shin )


« Les élèves Tim et Dirk Van Veen sont priés de prendre leurs affaires et de se rendre dans mon bureau. »

Cessant d'écrire, je relève la tête de mon contrôle de maths et interroge ma prof du regard. Cette dernière hoche la tête malgré sa surprise, m'incitant à obéir. J'ignore les regards des autres élèves tout en refermant mon sac à dos entièrement rempli et sort de la pièce non sans rassurer Camille d'un sourire.

Et cela, même si je sens qu'au plus profond de moi, le froid sans nom qui s'est récemment installé, va s'intensifier.


( P.O.V de Yu, 15h59 )

Rejoignant mon frère au détour du même couloir menant au bureau du proviseur où nous sommes attendus, mes doigts s'emmêlent instinctivement aux siens. Shin ne dit rien mais serre ma main. Lui aussi a senti que quelque chose cloche.


( P.O.V de Shin, 16h01 )

« Entrez! »

Sans lâcher Yu, je nous fais pénétrer dans la pièce et me fige en voyant notre tante Steevie se lever. Petite s½ur de maman, infirmière dans le même hôpital qu'elle, rentrée de France avant les fêtes de fin d'années. Belle, gentille et souriante.

Sauf qu'à cette minute, aucun sourire n'éclaire son visage si semblable à celui de sa s½ur. Les joues blanches marquées de sillons transparents, la brune s'avance vers nous pour nous prendre dans ses bras.

« Je suis désolée, souffle-t-elle d'une voix rauque. Morgane a été.... »


( P.O.V de Yu )

Sans réfléchir, je me dégage de son étreinte comme si elle m'avait brûlé.

« Non ne le dis pas!!! Je coupe en criant presque. Ne dis pas qu'elle ne... Que maman ne revien... »

J'arrive même pas à le dire. Je ne veux pas le dire. Je ne veux pas que se soit vrai. Maman ne peut pas ne pas rentrer ce soir du taf et nous demander si nos devoirs sont faits. Elle est si forte, si belle, si pleine de vie. Non elle ne peut pas nous laisser. C'est pas possible.

« Si grand frère, confirme Shin qui se raccroche à Stevie comme si sa vie en dépendait. Notre instinct ne nous a jamais trompé. Maman ne reviendra pas. »


( P.O.V de Shin )

Les bras de ma tante s'enroulent autour de mon corps fin et à travers mes pleurs qui trempent son pull, je vois Yu reculer contre le mur pour s'y laisser glisser. Sa douleur se répercute contre la mienne mais je sais qu'à cette seconde, il réagit comme un loup blessé.

Il ne laissera personne l'approcher.

[ ... ]

( 21h57 )

« Shin? »

Recroquevillé en position f½tale dans le bac de douche, je ne répond pas, laissant l'eau encore chaude couler sur mon corps tremblant de haine contre l'assassin de ma mère. Un putain de chauffard bourré qui s'est engagé sur le parking de l'hôpital et a failli renverser une gamine de cinq ans qui avait échappé à la vigilance de sa mère.

La mienne était là. Elle n'a pas hésiter mais n'a pas eut le temps de pousser la gosse hors de la trajectoire de la voiture folle.
Non, ma maman l'a prise dans ses bras et encaisser le choc pour deux.

« Shin tu vas prendre froid. »

L'eau s'arrête de couler. Ses mains puissantes me soulèvent et je me laisse aller contre son torse. Si seulement maman n'avait pas fini son service plutôt. Si seulement cette petite ne s'était pas éloignée. Si seulement.... Les bras de Yu se resserrent autour de moi.

« Bordel Dirk, je murmure en recommençant à pleurer. Qu'est-ce qu'on va faire sans elle?

- Je sais pas p'tit frère. Je sais pas. »


Le brun attrape la serviette qui reposait sur le radiateur et me porte jusqu'à sa chambre dès qu'il me sent trembler de froid contre lui. Mon grand frère m'allonge sur le lit et commence à me sécher, chuchotant des mots doux à mon oreille. J'enroule mes bras autour de son cou pour chercher le contact de ses lèvres sur les miennes.

En fin de journée, notre bande, nos amis les plus proches ont pleurés avec nous. Eux qui avait connu notre mère comme si ça avait été la leur, ils avaient le droit de savoir. Je me suis blotti dans l'étreinte rassurante de Strify. J'ai accepté leur peine sincère et embrassé Camille qui se sentait malheureuse et impuissante.

Mais Yu est resté dans sa chambre. Salomé a bien tenté de lui parler même à travers la porte mais ça n'a servi à rien.

Ce n'est que pour me récupérer à moitié crevé de haine et de chagrin au fond de la douche, qu'il en est sorti.

« Yu, je murmure entre deux baisers. Yu je... Ne veux... Pas....

- Chuuuutttt.....,
m'interrompt-t-il d'une voix douce en essuyant mes larmes sans se préoccuper des siennes. Ne le dis pas Shin. S'il te plaît.

- Mais....

- Je suis là p'tit frère. »


Il m'embrasse à nouveau et descend dans mon cou où il dépose une myriade de baisers mouillés.

« Je suis là. »

Fermant les yeux, je me laisse aller à l'étrange sensation que me procure ses caresses. Une de mes mains se perd dans ses cheveux tandis qu'une des siennes s'aventure vers mon ventre. C'est nouveau, chaud, rassurant mais pas totalement inconnu. Malgré mes treize ans, je connais sans connaître le chemin qu'on est en train d'emprunter.

Alors pourquoi je n'empêche pas son corps de s'allonger correctement sur le mien? Pourquoi ma chair s'éveille à ce contact? Et pourquoi la réciproque m'embrase un peu plus?

Yu remonte mordiller mes lèvres tandis que mes doigts inexpérimentés passent outre la barrière de l'élastique de son boxer.

« Shin....

- Moi aussi je suis là grand frère. »


Je retire le tissu comme je peux, aidé de mon frère dont je vais bientôt être plus proche que je ne l'ai jamais été. J'ai besoin autant que lui de ce qui va arriver. J'ai besoin de me sentir vivre pour oublier que pour une partie de moi, ce n'est plus le cas.

Alors peu importe que c'est mal que deux frères se perdent dans la douceur consentante de l'inceste.

Ce qui compte, c'est les mains et la bouche du brun qui explorent mon corps d'une autre manière. Une chaleur jusque là inconnue m'envahit un peu plus à mesure qu'il descend jusqu'à mon érection naissante. Sa langue chaude vient alors la frôler et ma tête part en arrière. Grisé par le plaisir qu'il me donne, Yu recommence de manière plus appuyé, effleurant mon antre du bout de l'index.

Je gémis dans la pénombre de la pièce, frissonnant et tremblant de désir. Comprenant mon impatience, mon aîné provoque la suite en faisant glisser un premier doigt en moi. Aucune peur, aucune pudeur. J'écarte davantage les cuisses et accepte la légère douleur accompagnée du plaisir que me procure l'intrusion d'un deuxième doigt.

« Yu.... »

Ce dernier délaisse mon sexe et remonte à hauteur de mon visage, bougeant et pliant ses doigts, satisfait de me voir frémir.

« Je t'aime p'tit frère.

- Moi aussi,
je répond d'une voix légèrement saccadée.

- Je te laisserai pas. » Affirme-t-il en continuant sa caresse si intime.

J'essaye de parler mais seul un gémissement rauque franchit mes lèvres. Sans que je m'y attende, un éclair d'extase a embrasé chacune de mes cellules.

« Alors viens, je murmure. Fais moi l'amour. »

Le brun ne dit rien mais retire ses doigts avant de se placer correctement entre mes jambes que j'enroule autour de sa taille quand je sens son sexe rentrer doucement en moi. Le souffle me manque mais la douleur n'y est pas pour grand chose.

« Yu. » Je chuchote une fois qu'il est bout.

Il vient m'embrasser et amorce le premier coup de rein qui nous fait gémir tous les deux.

« Yu...

- Je suis là. »


Oui bien là et en moi. Juste pour une nuit. Pour ne pas être seul. Pour ne pas être mort. Reste avec moi, juste pour une nuit.


( Chapitre VIII: Corrigé )

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 16:34

Modifié le lundi 01 février 2010 09:07