( Mardi 20 février 2003, 15h54
P.O.V de Shin )« Les élèves Tim et Dirk Van Veen sont priés de prendre leurs affaires et de se rendre dans mon bureau. »Cessant d'écrire, je relève la tête de mon contrôle de maths et interroge ma prof du regard. Cette dernière hoche la tête malgré sa surprise, m'incitant à obéir. J'ignore les regards des autres élèves tout en refermant mon sac à dos entièrement rempli et sort de la pièce non sans rassurer Camille d'un sourire.
Et cela, même si je sens qu'au plus profond de moi, le froid sans nom qui s'est récemment installé, va s'intensifier.
( P.O.V de Yu, 15h59 )Rejoignant mon frère au détour du même couloir menant au bureau du proviseur où nous sommes attendus, mes doigts s'emmêlent instinctivement aux siens. Shin ne dit rien mais serre ma main. Lui aussi a senti que quelque chose cloche.
( P.O.V de Shin, 16h01 )« Entrez! »Sans lâcher Yu, je nous fais pénétrer dans la pièce et me fige en voyant notre tante Steevie se lever. Petite s½ur de maman, infirmière dans le même hôpital qu'elle, rentrée de France avant les fêtes de fin d'années. Belle, gentille et souriante.
Sauf qu'à cette minute, aucun sourire n'éclaire son visage si semblable à celui de sa s½ur. Les joues blanches marquées de sillons transparents, la brune s'avance vers nous pour nous prendre dans ses bras.
« Je suis désolée, souffle-t-elle d'une voix rauque.
Morgane a été.... »( P.O.V de Yu )Sans réfléchir, je me dégage de son étreinte comme si elle m'avait brûlé.
« Non ne le dis pas!!! Je coupe en criant presque.
Ne dis pas qu'elle ne... Que maman ne revien... »J'arrive même pas à le dire. Je ne veux pas le dire. Je ne veux pas que se soit vrai. Maman ne peut pas ne pas rentrer ce soir du taf et nous demander si nos devoirs sont faits. Elle est si forte, si belle, si pleine de vie. Non elle ne peut pas nous laisser. C'est pas possible.
« Si grand frère, confirme Shin qui se raccroche à Stevie comme si sa vie en dépendait.
Notre instinct ne nous a jamais trompé. Maman ne reviendra pas. »( P.O.V de Shin )Les bras de ma tante s'enroulent autour de mon corps fin et à travers mes pleurs qui trempent son pull, je vois Yu reculer contre le mur pour s'y laisser glisser. Sa douleur se répercute contre la mienne mais je sais qu'à cette seconde, il réagit comme un loup blessé.
Il ne laissera personne l'approcher.
[ ... ]
( 21h57 )« Shin? »Recroquevillé en position f½tale dans le bac de douche, je ne répond pas, laissant l'eau encore chaude couler sur mon corps tremblant de haine contre l'assassin de ma mère. Un putain de chauffard bourré qui s'est engagé sur le parking de l'hôpital et a failli renverser une gamine de cinq ans qui avait échappé à la vigilance de sa mère.
La mienne était là. Elle n'a pas hésiter mais n'a pas eut le temps de pousser la gosse hors de la trajectoire de la voiture folle.
Non, ma maman l'a prise dans ses bras et encaisser le choc pour deux.
« Shin tu vas prendre froid. »L'eau s'arrête de couler. Ses mains puissantes me soulèvent et je me laisse aller contre son torse.
Si seulement maman n'avait pas fini son service plutôt. Si seulement cette petite ne s'était pas éloignée. Si seulement.... Les bras de Yu se resserrent autour de moi.
« Bordel Dirk, je murmure en recommençant à pleurer.
Qu'est-ce qu'on va faire sans elle?
- Je sais pas p'tit frère. Je sais pas. »Le brun attrape la serviette qui reposait sur le radiateur et me porte jusqu'à sa chambre dès qu'il me sent trembler de froid contre lui. Mon grand frère m'allonge sur le lit et commence à me sécher, chuchotant des mots doux à mon oreille. J'enroule mes bras autour de son cou pour chercher le contact de ses lèvres sur les miennes.
En fin de journée, notre bande, nos amis les plus proches ont pleurés avec nous. Eux qui avait connu notre mère comme si ça avait été la leur, ils avaient le droit de savoir. Je me suis blotti dans l'étreinte rassurante de Strify. J'ai accepté leur peine sincère et embrassé Camille qui se sentait malheureuse et impuissante.
Mais Yu est resté dans sa chambre. Salomé a bien tenté de lui parler même à travers la porte mais ça n'a servi à rien.
Ce n'est que pour me récupérer à moitié crevé de haine et de chagrin au fond de la douche, qu'il en est sorti.
« Yu, je murmure entre deux baisers.
Yu je... Ne veux... Pas....
- Chuuuutttt....., m'interrompt-t-il d'une voix douce en essuyant mes larmes sans se préoccuper des siennes.
Ne le dis pas Shin. S'il te plaît.- Mais....
- Je suis là p'tit frère. »Il m'embrasse à nouveau et descend dans mon cou où il dépose une myriade de baisers mouillés.
« Je suis là. »Fermant les yeux, je me laisse aller à l'étrange sensation que me procure ses caresses. Une de mes mains se perd dans ses cheveux tandis qu'une des siennes s'aventure vers mon ventre. C'est nouveau, chaud, rassurant mais pas totalement inconnu. Malgré mes treize ans, je connais sans connaître le chemin qu'on est en train d'emprunter.
Alors pourquoi je n'empêche pas son corps de s'allonger correctement sur le mien? Pourquoi ma chair s'éveille à ce contact? Et pourquoi la réciproque m'embrase un peu plus?
Yu remonte mordiller mes lèvres tandis que mes doigts inexpérimentés passent outre la barrière de l'élastique de son boxer.
« Shin....
- Moi aussi je suis là grand frère. »Je retire le tissu comme je peux, aidé de mon frère dont je vais bientôt être plus proche que je ne l'ai jamais été. J'ai besoin autant que lui de ce qui va arriver. J'ai besoin de me sentir vivre pour oublier que pour une partie de moi, ce n'est plus le cas.
Alors peu importe que c'est mal que deux frères se perdent dans la douceur consentante de l'inceste.
Ce qui compte, c'est les mains et la bouche du brun qui explorent mon corps d'une autre manière. Une chaleur jusque là inconnue m'envahit un peu plus à mesure qu'il descend jusqu'à mon érection naissante. Sa langue chaude vient alors la frôler et ma tête part en arrière. Grisé par le plaisir qu'il me donne, Yu recommence de manière plus appuyé, effleurant mon antre du bout de l'index.
Je gémis dans la pénombre de la pièce, frissonnant et tremblant de désir. Comprenant mon impatience, mon aîné provoque la suite en faisant glisser un premier doigt en moi. Aucune peur, aucune pudeur. J'écarte davantage les cuisses et accepte la légère douleur accompagnée du plaisir que me procure l'intrusion d'un deuxième doigt.
« Yu.... »Ce dernier délaisse mon sexe et remonte à hauteur de mon visage, bougeant et pliant ses doigts, satisfait de me voir frémir.
« Je t'aime p'tit frère.
- Moi aussi, je répond d'une voix légèrement saccadée.
- Je te laisserai pas. » Affirme-t-il en continuant sa caresse si intime.
J'essaye de parler mais seul un gémissement rauque franchit mes lèvres. Sans que je m'y attende, un éclair d'extase a embrasé chacune de mes cellules.
« Alors viens, je murmure.
Fais moi l'amour. »Le brun ne dit rien mais retire ses doigts avant de se placer correctement entre mes jambes que j'enroule autour de sa taille quand je sens son sexe rentrer doucement en moi. Le souffle me manque mais la douleur n'y est pas pour grand chose.
« Yu. » Je chuchote une fois qu'il est bout.
Il vient m'embrasser et amorce le premier coup de rein qui nous fait gémir tous les deux.
« Yu...
- Je suis là. »Oui bien là et en moi. Juste pour une nuit. Pour ne pas être seul. Pour ne pas être mort. Reste avec moi, juste pour une nuit.
( Chapitre VIII: Corrigé )